Premières années.

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Modérateur: Jean-Claude B

Premières années.

Messagepar Jean Deffe sur Jeu Avr 19, 2007 3:45 am



Bonjour à tous,

Avant de continuer mes récits je voudrais dire quelques mots de mes premières années d’existence.

Dans le XIVème arrondissement de Paris, rue des Plantes, non loin de la porte de Châtillon, se trouve l’hôpital Bon Secours. Celui ci comprend, outre l’hôpital proprement dit, une maternité située en bordure de la rue Giordano Bruno. C'est là que je suis venu au monde en Décembre 1921.

Je n'ai, évidemment, aucun souvenir de ce que furent mes toutes premières années. Nous habitions dans le quartier des Halles, au n°44 de la rue Tiquetonne (1). C'était une de ces vieilles rues de Paris, aux façades noircies par les multiples cheminées. Elle commençait au Boulevard Etienne Marcel et prenait fin à la rue St Denis.
Mes premiers souvenirs de cette époque remontent, me semble t il, à 1925. En venant de la rue nous accédions dans notre immeuble par un porche sous lequel se trouvait la loge du concierge; nous arrivions ensuite dans une cours pavée sur laquelle donnaient les fenêtres des appartements. Nous prenions un escalier qui nous menait, au deuxième étage, à notre appartement. Celui ci comprenait une petite salle à manger, une chambre, une cuisine et un débarras. Les WC étaient sur le palier. Il y avait l'eau courante et l'électricité et, pour le chauffage, une cheminée. Je n'ai pas souvenir qu'il y ait eu un lavabo dans l'appartement. On faisait sa toilette dans la cuisine. A la fin de chaque semaine ma mère me baignait dans un "tub"; c'était une très large cuvette, en tôle étamée, d'un usage courant à cette époque là.
Un jour, étant accoudé à l'une de nos fenêtres, je vis des bêtes courir entre les poubelles. J'appris alors qu'il existait des animaux appelés "rats".
De temps à autres des chanteurs ou chanteuses venaient dans la cour et interprétaient des chansons à la mode. Les locataires ouvraient leurs fenêtres, applaudissaient, puis leur jetaient des pièces de monnaie.

Mes parents possédaient un petit appareil photographique Kodak de format 6X9. Ma mère s'enfermait quelquefois dans le débarras pour y développer ses pellicules photographiques. Elle plaçait ensuite négatif et papier sensible dans un petit châssis qu'elle exposait au soleil. La lumière solaire suffisait à impressionner le papier sensible. On obtenait ainsi des tirages de couleur sépia.

Mon père et ma mère travaillaient du lundi matin jusqu'au samedi midi. Pendant ces mêmes jours je restais chez mes grands parents qui demeuraient rue de la Clef, dans le 5ème arrondissement. C'était une rue parallèle à la rue Monge, derrière le Jardin des Plantes
De l'appartement de la rue de la Clef rien ne subsiste dans ma mémoire, sauf un détail : Mon grand père fumant pipes après pipes les pièces étaient toujours envahies par une épaisse fumée malodorante.
Certains jours ma grand mère m'emmenait en promenade au Jardin des Plantes en faisant un détour, au bout de la rue de la Clef, par les Arènes de Lutèce.
Au Jardin des Plantes mes lieux de prédilection étaient, comme pour les autres enfants, les bords de la fosse aux ours et le labyrinthe. Du bord de la fosse nous regardions, avec curiosité, les évolutions des plantigrades. Le labyrinthe était une butte au sommet de laquelle on accédait par un réseau compliqué de petits chemins. Tout en haut, un petit kiosque constituait le but final de l'excursion.
Certains autres jours nous allions, avec grand père, au Jardin du Luxembourg. Il y avait là un petit théâtre où Guignol faisait rire et pleurer les enfants. Il y avait aussi un manège sur lequel, montés sur un cheval de bois, nous devions attraper au passage un anneau accroché à un mât (2). Après quelques tours de manège grand père nous emmenait retrouver des parents ou amis qui conversaient, assis sur les bancs de pierre du jardin.

Au début de l'année scolaire 1926/1927 je fus mis à l'école maternelle au n°3 de la rue de la Jussiène, près de la rue Tiquetonne (3).

(1) Du nom d'un boulanger : QUIQUETONNE, qui tenait boutique dans cette rue au 18ème siècle.
(2) Ce manège existait encore en 1984
(3) Cette école existe toujours. Je m'y suis rendu en 1984.

Bien amicalement.
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Jean Deffe
 
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