Vacances en Vendée. Années 30. (2)

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Modérateur: Jean-Claude B

Vacances en Vendée. Années 30. (2)

Messagepar Jean Deffe sur Ven Avr 20, 2007 3:47 am



Bonjour à tous
Suite vacances à l'Aiguillon-sur-Mer.

Notre repas du soir avait lieu à la lueur d'une lampe à pétrole. L'électricité n'était pas encore parvenue jusqu'à l'Aiguillon. Plus tard dans la soirée, lorsque nous étions couchés, nous percevions le bruit du ressac sur la plage de La Faute. A notre réveil nous entendions des bruits familiers : celui des sabots et des charrettes des cultivateurs qui se rendaient à leur travail ; plus loin, sur le Lay, celui des moteurs des bateaux qui allaient en mer. Puis, lorsque nous sentions l'odeur des rôties que grand mère Angéline faisait dorer devant un feu de favri (1) nous descendions, Michel et moi, l'escalier quatre à quatre. Le menu était : chocolat au lait et rôties de pain Polka avec beurre salé.

L'après midi nous allions, mon frère Michel et moi, à La Faute avec notre mère. Nous étions accompagnés de mes cousins germains (qui venaient eux aussi de Paris) lorsqu'ils étaient en vacances en même temps que nous. Chemin faisant nous rencontrions nombre de cousins et cousines avec lesquels notre mère échangeait des informations sur la famille. A la sortie du pont une rigole de purin, venant d'une ferme appartenant à des cousins, traversait la route. Ensuite nous entrions dans les chemins de La Faute. Ceux ci étaient envahis par le sable. Plus nous progressions vers la plage plus la couche de sable augmentait. Certaines années le sable arrivait à la hauteur des fenêtres des "chalets" (2) construits derrière les dunes.

Lorsque nous franchissions les dunes c'était l'émerveillement. La mer était là, à cinquante mètres de nous. La plage formait un immense croissant lumineux allant de la pointe d'Arçay à la Belle Henriette (des lieux dits). Il n'y avait aucune interdiction, nous pouvions courir sur les dunes et dans la forêt. Il y avait peu de monde sur la plage, peut être 500 personnes. Beaucoup plus le dimanche, jour où le petit train déversait en gare de l'Aiguillon ville ou de l'Aiguillon port une foule de cultivateurs venant de l'intérieur de la Vendée par Chantonnay et Luçon.

Avant d'aller courir sur la plage nous devions passer par le chalet "La Fauvette" afin de nous mettre en maillot de bain. Cette petite maison était située au pied de la dune, au lieu dit "Les Abois". Elle avait été construite par grand père Tlemcen vers 1925.

A notre retour de la plage nous étions fourbus et brûlés par le soleil. Après le dîner nous allions souvent à la veillée chez notre tante Marguerite et notre oncle Alfred. Plus tard nous revenions chez nous par la « route de la côte » sans craindre l'arrivée du moindre véhicule automobile. Sur les bords de la rivière s'élevait le « chant des grenovelles » (3).

Périodiquement grand père Tlemcen devait aller chercher, en gare de l'Aiguillon, une très grosse futaille de vin d'Algérie. Il partait avec la charrette, tirée par Coquette, et se faisait accompagner par plusieurs voisins ou amis. Une fois sur place la charrette était placée « à cul » contre le quai et la futaille embarquée à l'aide de rouleaux. Au retour à la maison la manoeuvre était plus difficile mais le gros tonneau trouvait finalement sa place dans la cave de la petite maison. Le grand père le mettait immédiatement "en perce" et versait à boire à ses amis. Ceux ci dégustaient en silence ... Puis donnaient ensuite leur appréciation. Elle était généralement positive. Le grand-père offrait une nouvelle rasade ... La conversation s'animait. De tournées en tournées les amis éprouvaient quelquefois des difficultés à rentrer chez eux.

Aux grandes marées de septembre la rivière débordait et ses eaux parvenaient jusqu'à la route de la côte. Les chevaux, ânes et chèvres qui étaient parqués sur les bords, attachés à un piquet, avaient de l'eau jusqu'au ventre, mais ils attendaient stoïquement que l'eau veuille bien s'en aller afin qu'ils puissent brouter à nouveau. A marée basse nous allions jouer dans les "casses". Il s'agissait de trous laissés par des habitants de l'Aiguillon qui prélevaient la couche superficielle de la vase afin, très souvent, d'en garnir le sol en terre battue de leurs demeures. Avec Michel et nos cousins nous allions dans ces casses pêcher des crabes ou y faire voguer des bateaux de notre fabrication.

Chaque matin nous allions chercher notre pain à l'une ou l'autre des deux boulangeries du village. Les propriétaires de l’une d’elles avaient deux filles dont une était âgée d'une dizaine d'années. Cette fillette venait chercher du vin chez mes grands parents. Grand mère Angéline la faisait entrer dans la salle à manger. Mon cousin, toujours moqueur, me disait : « Tiens Jean, dis bonjour à ta fiancée ! » ou bien « Viens embrasser ta fiancée ! ». La fillette devenait toute rouge, et moi aussi, au grand plaisir de mon cousin……..

(1) Tiges et cosses des fèves, après battage.

(2) On appelait "chalets" les maisons de vacances construites derrière les dunes de La Faute

(3) Les grenouilles.

Bien amicalement

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Le gamin, Jean (Jean Deffe), 8 ans. La faute sur Mer vers 1960. En arrière plan : l'Aiguillon sur Mer.

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Rétrospéctive 19ème siècle. Les entreprises salaces d'un ignoble individu sont mises en échec par une mère vigilante
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Jean Deffe

Messagepar Iris sur Ven Avr 20, 2007 11:24 am






Bonjour Jean

Comme vous en avez des souvenirs, je trouve très intéressant de vous lire

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Messagepar Jean Deffe sur Ven Avr 20, 2007 1:12 pm



Bonsoir Iris,

Je vous remercie pour l'intérêt que vous portez à mes histoires.
Je crois que beaucoup de Canadiens trouvent leur origine dans l'Ouest de la France. Tout particulièrement dans les départements de la Charente, de la Charente Maritime et de la Vendée. Départements qui s'appelaient autrefois, respectivement, La Saintonge, l'Aunis et le Bas Poitou.
Je suis allé une fois à Brouage (Charente) qui est le lieu de naissance de Samuel Champlain.
Bien amicalement.
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Bonsoir Jean

Messagepar loute sur Ven Avr 20, 2007 9:27 pm



J'adore lire votre réçit. Vous me ramenez loin en arrière.
Que de beaux souvenir vous nous racontez. Pour vous aussi ce doit être très plaisants. Vous avez une très bonne mémoire.

Continuez à nous amener dans le passé.

Bonne fin de journée
loute
 

Messagepar Jean Deffe sur Sam Avr 21, 2007 1:08 pm



Merci Loute, bonne journée.
Ici il est 7h du soir.
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